Histoire
Histoire du Mont-Saint-Michel : du songe d'un évêque à l'île retrouvée
Selon la légende, le Mont-Saint-Michel est né en 708, lorsque l’archange Michel apparut à trois reprises en songe à Aubert, évêque d’Avranches, pour lui demander de bâtir un sanctuaire sur une île de granit qu’on appelait alors le mont Tombe. Des moines bénédictins s’installèrent sur le rocher en 966, l’église abbatiale romane fut commencée en 1023 et le monastère gothique appelé la Merveille à partir de 1204. Pendant la guerre de Cent Ans, l’abbaye devint une forteresse qui tint tête aux Anglais, et après la Révolution française elle servit de prison jusqu’en 1863.
La suite est l’histoire d’un monument sauvé, puis d’une île rendue à la mer. L’abbaye a été classée monument historique en 1874 ; une digue-route construite en 1879 a rattaché le rocher au continent, et un barrage et un pont, dans le cadre de travaux achevés en 2015, en ont refait une île. L’UNESCO a inscrit le Mont-Saint-Michel et sa baie sur la liste du patrimoine mondial en 1979. Aujourd’hui, la commune compte une vingtaine d’habitants (l’INSEE en a recensé 23 en 2023), et une douzaine de moines et de moniales vivent dans l’abbaye.
L’essentiel en bref
- Fondation : selon la légende en 708, après le songe de l’évêque Aubert ; des moines bénédictins à partir de 966.
- Construction : l’église abbatiale à partir de 1023, la Merveille gothique à partir de 1204.
- Siège : par les Anglais à partir de 1423 ; le Mont en sortit victorieux en 1434.
- Prison : de la Révolution jusqu’en 1863 ; l’office de tourisme compte 14 000 prisonniers sur cette période.
- Sauvetage : classement comme monument historique en 1874 ; la flèche et sa statue dorée de saint Michel datent de 1897.
- De nouveau une île : les travaux du barrage et du pont se sont étalés de 2006 à 2015.
- Aujourd’hui : une commune de 23 habitants (INSEE, 2023), une communauté monastique d’une douzaine de membres, et entre 2,5 et trois millions de visiteurs par an selon les sources.
Le mont Tombe et le songe d’Aubert
Avant d’appartenir à saint Michel, le rocher de granit s’appelait le mont Tombe. Le Centre des monuments nationaux, l’organisme public qui gère l’abbaye, présente le songe d’Aubert comme une légende plutôt que comme un fait attesté. L’office de tourisme fait d’Aubert l’évêque d’Avranches, la ville qui, depuis la côte normande, regarde toujours le Mont de l’autre côté de la baie.
Le choix du patron ne doit rien au hasard. Le premier oratoire faisait écho au plus ancien sanctuaire dédié à l’archange, sur le mont Gargan, dans les Pouilles, au sud de l’Italie. Dans les croyances médiévales, saint Michel était le chef de la milice céleste, celui qui terrasse le dragon dans l’Apocalypse et pèse les âmes au Jugement dernier. L’UNESCO relève que les sanctuaires dédiés à saint Michel étaient traditionnellement établis dans des lieux difficiles d’accès, et un rocher de granit cerné de sables mouvants et de certaines des plus fortes marées d’Europe s’inscrivait parfaitement dans cette tradition.
Rien de visible sur le Mont ne remonte à l’époque d’Aubert. La partie la plus ancienne de l’abbaye actuelle est la petite église préromane de Notre-Dame-sous-Terre, que l’UNESCO date du Xe siècle.
L’arrivée des bénédictins
En 966, le duc Richard Ier de Normandie installa sur le Mont des moines bénédictins, qui vivaient selon la règle de saint Benoît.
Le village naquit au même moment. Tandis que les moines construisaient leur première église, un bourg se développa au pied du Mont pour accueillir les premiers pèlerins. Ce couple – une abbaye en haut, un village d’auberges, de boutiques et de maisons en bas – définit le Mont depuis lors, et c’est l’une des raisons avancées par l’UNESCO pour son inscription : la coexistence de l’abbaye et de son village fortifié dans les limites étroites d’une petite île.
Bâtir sur une pyramide de roche
Le problème technique était évident dès le départ. Le sommet du rocher est une pointe, pas un plateau, et une grande église exige un sol plat. Les bâtisseurs du XIe siècle l’ont résolu en construisant quatre cryptes autour de la pointe du rocher et en posant dessus une vaste église abbatiale. Selon la tradition, le chantier de l’église romane commença en 1023.
Le résultat tient toujours debout. L’église abbatiale culmine à 80 m au sommet du rocher, sur une plateforme de 80 m de long. En dessous, la crypte romane Saint-Martin, bâtie peu après l’an 1000 pour porter le transept, possède une voûte de neuf mètres de portée. Le promenoir des moines est couvert d’une voûte construite après 1103, que l’UNESCO présente comme l’un des premiers exemples de voûte sur croisée d’ogives, la technique qui allait devenir la signature de l’architecture gothique.
Une fois l’église en chantier, le Mont devint, selon les mots de l’abbaye, un lieu de pèlerinage essentiel pour tout l’Occident chrétien.
La Merveille : un monastère gothique sur la face nord
Le bond suivant suivit un changement de souverain. Au XIIIe siècle, une donation de Philippe Auguste, roi de France, après sa conquête de la Normandie, finança un nouvel ensemble de bâtiments monastiques sur le flanc nord, très escarpé, du rocher. L’UNESCO les date de 1204 et note qu’ils ont mérité le nom de Merveille pour l’élégance de leur conception.
La Merveille se compose de deux bâtiments de trois niveaux, couronnés par le cloître et le réfectoire des moines. Le cloître coiffe l’ensemble, ouvert sur le ciel, avec une colonnade de 137 colonnettes disposées en quinconce ; une ouverture sur son côté ouest donne directement sur la baie. En dessous se trouvent les grandes salles gothiques où les moines recevaient leurs hôtes et copiaient les manuscrits.
Pèlerins, rois et manuscrits
Le Mont médiéval était bien plus qu’un chantier. L’abbaye produisit, conserva et étudia un grand nombre de manuscrits et devint un grand foyer de savoir. Deux cents de ses manuscrits médiévaux sont parvenus jusqu’à nous et sont aujourd’hui conservés à Avranches.
Les pèlerins venaient de toutes les couches de la société. L’histoire de l’abbaye compte parmi eux des rois de France et d’Angleterre, dont Henri II Plantagenêt, Saint Louis et Louis XI, ainsi qu’Anne de Bretagne et François Ier. La traversée faisait partie du pèlerinage, et du danger : les scènes 16 et 17 de la Tapisserie de Bayeux, au XIe siècle, montrent des chevaliers se débattant dans les sables mouvants devant le Mont-Saint-Michel.
La guerre de Cent Ans : comment l’abbaye devint une forteresse
L’histoire militaire du Mont est la principale raison pour laquelle on le décrit comme un château. Au Moyen Âge, l’abbaye était aussi une forteresse du duché de Normandie, et la guerre de Cent Ans (1337–1453) en fit une place forte. L’office de tourisme évoque une série d’ouvrages militaires qui permirent au Mont de soutenir un siège de près de 30 ans.
Le récit de l’abbaye elle-même est plus précis sur la phase décisive : le Mont subit un siège anglais à partir de 1423 et en sortit victorieux en 1434, devenant ensuite un symbole de victoire pour le royaume de France. Ses défenses, c’étaient à la fois les remparts et les marées. Les Anglais n’étaient jamais bien loin : l’îlot de Tombelaine, à environ 3 km du Mont, devint une place forte anglaise et conserve des ruines de cette époque.
La guerre provoqua aussi un désastre à l’intérieur des murs. En 1421, au plus fort du siège, le chœur roman de l’église abbatiale s’effondra. Un nouveau chœur de style gothique flamboyant fut commencé en 1448 pour le remplacer, ce qui explique pourquoi le chevet de l’église paraît si différent de sa nef romane. Après la guerre, la dévotion à saint Michel prit en France une dimension patriotique. La statue de Jeanne d’Arc à l’entrée de l’église paroissiale du village rend hommage à l’archange qui, selon la tradition, la guida pendant la guerre.
Le Mont-Saint-Michel est-il un château ?
Non, même s’il est facile de comprendre pourquoi il en a l’air. L’édifice du sommet est une abbaye, pas la demeure d’un seigneur. Ce qui lui donne sa silhouette de château, ce sont les défenses ajoutées autour du village :
- Des remparts à sept tours, reliés par un chemin de ronde ouvert au public. Depuis la guerre de Cent Ans, ils valent au Mont sa réputation de forteresse imprenable.
- Trois portes successives gardant la Grande Rue, la rue principale du village.
- La tour Gabriel, une tour à mâchicoulis bâtie vers 1524 pour protéger le côté ouest, qui servit plus tard de moulin puis de phare.
- Une entrée fortifiée de l’abbaye, devenue salle des gardes lorsqu’une garnison y fut cantonnée pendant la guerre.
« Château » n’est donc pas le bon mot, mais « forteresse », si : pendant plus d’un siècle, le Mont fut à la fois un monastère et une position militaire.
De l’abbaye à la prison : la Bastille des mers
À partir du XVIIe siècle, alors que les pèlerinages déclinaient, les moines durent accueillir des prisonniers détenus sur ordre du roi, et l’abbaye se transforma peu à peu en prison. On la surnomma la Bastille des mers. À la Révolution, l’État nationalisa les biens du clergé et les moines furent chassés ; l’UNESCO note que l’abbaye fut supprimée en 1789 et servit de prison jusqu’en 1863.
Au XIXe siècle, elle devint une « maison centrale », une grande prison d’État, et la plupart de ses salles furent réaménagées pour y enfermer le plus grand nombre possible de détenus de droit commun et de prisonniers politiques. Parmi ses détenus les plus connus figurent Armand Barbès et Auguste Blanqui, opposants à la monarchie de Juillet. L’office de tourisme compte 14 000 prisonniers passés par là avant 1863, les marées et les sables mouvants rendant toute évasion impossible. Tant que l’abbaye fut une prison, plus d’un millier de personnes vivaient sur le rocher, contre environ 400 habitants au Moyen Âge.
Un vestige de cette période figure toujours sur le parcours de visite : la grande roue de l’ancien ossuaire des moines, installée en 1818 pour hisser les vivres destinés aux prisonniers. Victor Hugo vit lui aussi la prison. Dans une lettre à la poétesse Louise Bertin, écrite le 27 juin 1836 depuis le Mont-Saint-Michel, il opposait la baie ouverte à la pâle figure d’un prisonnier derrière une fenêtre grillée.
Les gestionnaires de l’abbaye soulignent un point qui mérite d’être retenu : les années de prison, si sombres soient-elles, ont contribué à sauver l’abbaye d’une destruction complète.
La restauration et les premiers touristes
En 1863, après les appels d’écrivains et d’artistes romantiques, la prison fut fermée. Elle laissait l’abbaye dans un état de délabrement total. La protection suivit : le Centre des monuments nationaux retient 1874 comme l’année du classement de l’abbaye au titre des monuments historiques, tandis que la page de l’UNESCO indique que l’abbaye, ses remparts et ses dépendances sont classés depuis 1862. Les travaux de restauration commencèrent, et les abords du Mont furent aménagés pour recevoir les premiers touristes de son histoire.
L’UNESCO attribue aux restaurations de cette période, notamment à la flèche de 1897, le mérite d’avoir rendu aux bâtiments leur silhouette emblématique. La flèche néogothique qui surmonte l’église abbatiale fut érigée en 1897 et coiffée d’une statue de saint Michel en cuivre doré, œuvre du sculpteur Emmanuel Frémiet, réalisée à la demande de l’architecte Victor Petitgrand. La statue a été restaurée en 1987 et redorée en 2016. Des réparations antérieures avaient déjà modifié l’extrémité ouest de l’église : les trois premières travées de la nef furent détruites après un incendie au XVIIIe siècle, et la façade classique que l’on voit depuis la terrasse de l’Ouest fut reconstruite en 1784.
Le village trouva lui aussi un nouveau métier. En 1873, Annette et Victor Poulard ouvrirent une auberge et servirent aux pèlerins, au terme de leur marche, une omelette soufflée cuite au feu de bois ; en 1888, ils s’installèrent dans les locaux où l’on prépare encore les omelettes aujourd’hui.
Digue, tramway et Belle Époque
Pour acheminer des visiteurs toujours plus nombreux, une digue-route fut construite en 1879. Elle résolut le problème de l’accès et en créa un autre : le Mont perdit son caractère insulaire. L’UNESCO ne mâche pas ses mots sur la cause, citant l’ensablement naturel de la baie et surtout la digue de 1879.
Entre 1901 et 1938, un tramway à vapeur relia Pontorson au Mont. Dans le village, de nouveaux bâtiments de style normand et néogothique avaient remplacé de vieilles maisons délabrées ; entre 1928 et 1938, la plupart de ces pastiches architecturaux furent démolis pour rendre au village son caractère historique.
La guerre, les moines et le patrimoine mondial
Le Mont fut épargné pendant la Seconde Guerre mondiale, même s’il fut occupé par les Allemands entre 1940 et 1944.
La vie religieuse revint avec le millénaire de la fondation de l’abbaye. Le Centre des monuments nationaux indique qu’une petite communauté de moines bénédictins s’installa dans l’abbaye en 1969, après les célébrations du millénaire monastique de 1965–1966 ; l’office de tourisme date le millénaire et le retour d’une communauté religieuse de 1966. En 2001, les bénédictins furent remplacés par les Fraternités monastiques de Jérusalem, et une douzaine de moines et de moniales vivent aujourd’hui dans le monument.
En 1979, l’UNESCO inscrivit le Mont-Saint-Michel et sa baie sur la liste du patrimoine mondial, l’un des premiers sites culturels français à y figurer. Plus tard, il y fut inscrit une seconde fois, au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.
Rendre au Mont son caractère d’île
À la fin du XXe siècle, la baie s’ensablait rapidement autour de la digue. L’organisme public qui gère aujourd’hui le site affirme que, sans intervention, le Mont aurait été définitivement rattaché au continent d’ici quarante ans. En 1995 fut lancé le projet de rétablissement de son caractère maritime.
Les principaux éléments furent réalisés en deux décennies :
- Le barrage du Couesnon, construit de 2006 à 2009 et en service depuis le 18 mai 2009, a remplacé un premier barrage de 1969. Il stocke l’eau à marée haute et la relâche au jusant pour chasser les sédiments loin du rocher.
- Le pont-passerelle, inauguré en 2014, a remplacé l’ancienne digue-route pour que les courants puissent circuler librement autour du Mont. La partie pont mesure 756 mètres.
- De nouveaux parkings sur le continent et un service de navettes jusqu’au pied du Mont.
L’UNESCO indique que le caractère maritime du Mont a été rétabli à l’achèvement des grands travaux de l’État, en 2015. Le projet a représenté un investissement de 184,7 millions d’euros. Lors des plus grandes marées, l’eau encercle de nouveau le rocher pendant un court moment ; notre guide des marées et traversées de la baie explique quand cela se produit et comment y assister en toute sécurité.
Qui vit au Mont-Saint-Michel aujourd’hui ?
Des gens y vivent encore, mais très peu. Le Mont-Saint-Michel est une vraie commune, avec sa mairie, son conseil municipal élu, son église paroissiale et son cimetière. Le recensement de l’INSEE a compté 23 habitants en 2023, contre 30 en 2017 et 41 en 2012 ; sa série longue commence à 105 en 1968. L’office de tourisme le dit plus chaleureusement : un peu moins de vingt Montois en tout, plus une petite communauté de chats.
Ajoutez la communauté monastique d’une douzaine de frères et de sœurs à l’abbaye, et le contraste avec la foule est saisissant. L’office de tourisme indique que le Mont accueille près de 2,5 millions de visiteurs et de pèlerins par an ; la page de l’UNESCO parle de trois millions. Dans un cas comme dans l’autre, les visiteurs sont plus de cent mille fois plus nombreux que les habitants.
Où voir chaque chapitre pendant la visite
Une grande partie de cette histoire se lit dans les pierres, si l’on sait où regarder :
- L’église préromane Notre-Dame-sous-Terre, sous la nef : la plus ancienne partie conservée de l’abbaye.
- La crypte Saint-Martin, l’un des appuis qui soutiennent l’église au sommet.
- La nef romane et le chœur flamboyant, côte à côte dans l’église abbatiale, témoins de l’effondrement de 1421.
- La Merveille et son cloître, le monastère du XIIIe siècle.
- La roue de la prison, installée en 1818.
- Les remparts, la tour Gabriel et les trois portes de la Grande Rue.
- La statue dorée de saint Michel, perchée sur la flèche depuis 1897.
L’entrée du village est libre à toute heure ; l’abbaye nécessite un billet, et il y a environ 350 marches entre le bas de la Grande Rue et le sommet. Notre guide pour visiter l’abbaye détaille les billets, les horaires et le temps à prévoir, et notre guide pour aller au Mont-Saint-Michel couvre les parkings et la navette. Si vous voulez l’écho cornouaillais de cette histoire, notre comparaison entre St Michael’s Mount et le Mont-Saint-Michel explique comment un prieuré de Cornouailles en vint à appartenir à cette abbaye.
Questions fréquentes
Quand le Mont-Saint-Michel a-t-il été construit ?
La construction s’est étalée sur des siècles. La légende date le premier sanctuaire de 708, les moines bénédictins sont arrivés en 966, l’église abbatiale romane a été commencée en 1023 et la Merveille gothique à partir de 1204. L’UNESCO décrit l’abbaye comme bâtie entre le XIe et le XVIe siècle, et la flèche a été ajoutée en 1897.
Le Mont-Saint-Michel est-il un château ?
Non. C’est une abbaye entourée d’un village fortifié. Les remparts, les tours et les portes ont été construits pour la guerre, surtout pendant la guerre de Cent Ans, ce qui explique qu’il ressemble de loin à un château.
Des gens vivent-ils encore au Mont-Saint-Michel ?
Oui, quelques-uns. L’INSEE a recensé 23 habitants dans la commune en 2023, et l’office de tourisme parle d’un peu moins de vingt Montois. Une douzaine de moines et de moniales des Fraternités monastiques de Jérusalem vivent également dans l’abbaye.
Les Anglais ont-ils déjà pris le Mont-Saint-Michel ?
Non. Les Anglais l’ont assiégé à partir de 1423, mais le Mont en est sorti victorieux en 1434 et est devenu un symbole de la résistance française. L’îlot voisin de Tombelaine, lui, est bien tombé aux mains des Anglais et leur a servi de place forte.
Le Mont-Saint-Michel a-t-il vraiment été une prison ?
Oui. Les prisonniers sont arrivés à partir du XVIIe siècle, et après la Révolution l’abbaye a été une prison d’État jusqu’en 1863. L’office de tourisme compte 14 000 prisonniers sur cette période, et la roue de levage installée pour eux en 1818 figure toujours sur le parcours de visite.